
On peut aimer un bateau. Je l’ignorais.
La Granvillaise est désarmée et j’ai le coeur serré.
Silhouette gracile et profil levretté de cheval de course : elle m’a tapé dans l’oeil au premier regard, depuis le ponton où elle était amarrée. Sitôt débarquée, le besoin farouche de retrouver le pont s’est fait ressentir. Je me suis donnée à elle, corps et âme, j’ai appris son langage.
J’ai effleuré ce que je crois pouvoir appeler l’esprit d’équipage. Etre vrai, partager les difficultés et les joies, donner ensemble, le meilleur de soi-même. Après des mois consacrés à mes moussaillons, j’ai franchis le cap et touché de nouveau mes rêves du bout des doigts.
Un jour, je partagerai le quotidien des marins et des scientifiques du bout du monde. Foulerai-je cette terre lointaine que mon aïeul n’a pût atteindre ?
Pour l’heure, je poursuis ici mon engagement pour un futur désirable, pleine d’une énergie retrouvée. C’est avec l’arbre qu’on fabrique la pirogue*, je replante une forêt.
J’ai hissé les voiles et pris un paquet de mer, la bisquine a remis dans ma vie le sel qui manquait.
*mythe du Vanuatu